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Les centrales syndicales présenteront leurs remarques après la fête.
Les syndicats les plus représentatifs n'ont pas encore développé une idée claire sur le projet de loi relatif aux syndicats qui leur a été remis lors du second round du dialogue social, les 11 et 13 novembre derniers. Certes, ils avaient tous à l'ordre du jour l'examen de ce projet de loi et de décortiquer ses 83 dispositions.
Par ailleurs, une grande partie des syndicalistes estiment que le champ syndical a besoin, depuis longtemps, d'un cadre juridique plus clair qui comble les lacunes dont souffre la scène syndicale pour remplacer le texte de loi qui leur est applicable depuis 1957. Au même titre que les partis politiques, le projet de loi envisage d'imposer aux syndicats un cadre juridique qui exige de la transparence tant dans la gestion interne que celle financière. Par ailleurs, les syndicats sont, pour l'instant, encore pris par l'analyse de la loi des finances qui est encore en examen à la deuxième chambre des conseillers. Mais, ils prévoient de l'étudier juste après les festivités de l'Aïd El Adha. D'autant plus qu'ils doivent apporter leurs réponses et remarques sur le projet lors de la prochaine réunion du dialogue social qui devrait avoir lieu la semaine prochaine.
Mohamed Yatim, secrétaire général de l'Union nationale du travail au Maroc (UNTM), a qualifié, dans l'ensemble, le projet de loi en question de positif, au moins concernant trois points. « Tout d'abord, c'est une bonne chose que ce projet de loi se penche sur la question de l'organisation interne des syndicats et apporte plus de transparence à ce niveau. Notamment en ce qui concerne les relations entre les différentes instances. Ensuite, ce projet de texte introduit de la transparence au niveau de la gestion financière des syndicats, ce qui est très souhaitable. Enfin, en ce qui concerne la représentativité des syndicats, ce projet lève l'ambiguïté qui règne à cause du Code du travail qui fait la confusion entre la représentativité des syndicats dans le secteur privé et dans le cadre des commissions paritaires. Ce projet a introduit le principe de la représentativité sur le plan national tout en prévoyant une représentativité qui fait la différence entre le secteur privé et le secteur public et ce, sur la base du taux de 6% ». Par ailleurs, le chef de fil de l'Union nationale du travail au Maroc affirme aussi qu'il a des remarques critiques, mais qui seront relevées lors des discussions du dialogue social.
Pour sa part, la Fédération démocratique du travail (FDT) a tenu plusieurs réunions pour examiner le contenu et les derniers développements du dialogue social. Par ailleurs, « si d'autres points ont été étudiés, le point relatif à ce projet de loi figure bel et bien dans l'ordre du jour, mais nous y sommes pas encore arrivés. On en parlera peut être après les fêtes… », affirme Mohamed Benhamou membre du bureau centrale de la FDT.
Le même son de cloche du côté de la Confédération démocratique du travail (CDT) dont la plupart des membres dirigeants refusent de s'exprimer sur la question à titre individuel avant de développer une position collective à ce sujet au sein des instances du syndicat.
En ce qui concerne l'Union marocaine du travail (UMT), c'est son aile composée par l'Union syndicale des fonctionnaires qui semble la plus active et qui travaille sur l'examen de ce projet. « Nous avons distribué le projet de loi à tous les membres et nous allons nous réunir après l'Aïd pour en discuter », souligne un membre dirigeant de cette Union.
Changement très attendu
Le projet de loi relatif aux syndicats va constituer un bouleversement au sein des centrales syndicales. Car, il va, entre autres, inciter les syndicales à tenir régulièrement leur congrès nationaux. Sachant que quelques syndicats, qui comptent parmi les plus présentatifs, n'ont pas tenu leur congrès depuis des années. Comme il prévoit le respect de la démocratie interne, incite à la représentativité des femmes dans les différentes instances… De même, un des points qui a été également très bien accueilli par les syndicalistes c'est celui qui limite l'appartenance des retraités aux syndicats à une durée maximum de cinq ans après la retraite.
«Ce qui va nous débarrasser des secrétaires généraux qui siègent à la tête des syndicats ou de ceux présentés comme candidats lors des élections professionnels et à la deuxième chambre, alors que ce sont des retraités… », souligne un syndicaliste. Brahim Mokhliss/Le matin du sahara 26 11 2009
Repères
Dahir de 1957
L'organisation et le droit de création des syndicats ont été régis par le Dahir du 16 juillet 1957 qui détermine les objectifs du syndicat, les conditions de sa création, sa personnalité morale, son droit d'organisation…
Nouveau cadre
Le projet de texte est composé de 83 articles qui déterminent, avec plus de précision les conditions de création, le rôle des syndicats, la consolidation de la liberté syndicale…Unions de syndicats
Le projet de loi prévoit que les syndicats peuvent se regrouper dans le cadre d'une union professionnelle ou toute forme de coalition.
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